Être photographe à Paris quand il neige, c’est vivre un moment qu’on n’attend jamais vraiment. La ville se tait, les rues se vident, et tout change. Le bruit des voitures disparaît, les gens marchent plus lentement, et même les lieux qu’on connaît par cœur semblent neufs. Tout devient plus simple, plus vrai.
Sortir avec l’appareil à ce moment-là, c’est une course contre le temps. La neige fond vite, les traces se mêlent, la lumière change d’une minute à l’autre. On photographie autant pour garder une preuve que pour le plaisir d’être là, dehors, dans ce calme rare.
Il n’y a plus de mise en scène, plus de décor pensé : juste des silhouettes, des gestes, des reflets. Paris sous la neige, c’est la même ville, mais vue à travers un filtre de silence. Et chaque photo qu’on fait ce jour-là, on sait qu’on ne pourra jamais la refaire.
C’est ça qui rend ces instants précieux : leur fragilité. Rien n’est figé, rien ne dure, et c’est justement pour ça qu’on dégaine l’appareil.